pour une montagne (le poème de Bernard Blot ... dans MARINES)


nous courions à amples foulées sur cette route illusoire,
à la manière des poissons volants sur les vagues endormies, Soudain, les crinières de sel et de bave nous ont attrapés: l´heure n´était plus à oublier
la pesanteur, à danser notre galop sur le tain menaçant que nos pieds émiettaient.
Il fallait fuir pour sauver notre peau, l´angoisse nous poignant du ventre jusqu´à la gorge.


Nous reviendrons, pourtant, la houle reployée, parce que nous ne pourrons
renoncer jamais à notre part, celle abandonée aux claquedents du songe, d´espace
et de durée, que nous ne sachions, enfin, aussi nus que les orques, marcher sur
l´eau.

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